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PLANSTRA


Planification stratégique pour les
opérateurs culturels d’Afrique de l’Ouest

02 juin

Etre ou paraître ?

Cinquième édition…. Un tournant crucial pour le festival international de toutes les danses Kaay Fecc. Etat des lieux, remise en question, orientation, évolution.

 

La 5ème édition du festival est un défi de plus à relever dans un contexte toujours aussi difficile malgré les quelques éclaircies, en dents de scie, qui viennent ponctuer les efforts des organisateurs. Les acquis sont positifs. Les mots ‘Festival Kaay Fecc’ commencent à prendre une certaine résonnance nationale et internationale.

 

Néanmoins, malgré l’émulation créée, un essoufflement se profile à l’horizon : sans cadre formel de formation professionnelle régulière et de qualité dans tous les genres de danse ainsi que dans l’administration culturelle, avec la mise en place de programmes sur le long terme favorisant, à travers des moments d’introspection et d’ouverture, l’émergence d’une nouvelle génération d’artistes et de professionnels de la danse sénégalais, le festival devient une coquille creuse, sans âme, reflétant uniquement les démarches artistiques de l’extérieur.

 

Cette année, des danseurs et chorégraphes originaires d’Afrique, d’Europe, des Amériques, de la Diaspora et du Sénégal viennent croiser leurs regards sur la scène exclusive du Centre culturel Blaise Senghor. Qu’elle soit contemporaine, traditionnelle ou urbaine, la danse prouve à nouveau son utilité, son universalité, et son désir d’être.

Gacirah Diagne, Présidente de l’Association Kaay Fecc, Directrice du Festival Kaay Fecc

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Article déposé par Papa Mary DIAKHATE, membre de l’Association KAAY FECC

www.kaayfecc.com _ kaayfecc@gmail.com

 

15 mai

Dans le cadre de notre programme de RENFORCEMENT  DES  CAPACITÉS  DANS  LE  SECTEUR  DE  LA  MUSIQUE  AU  SÉNÉGAL, nous avons le plaisir de vous informer du démarrage de la 2ème session du module “ADMINISTRATION  D’ENTREPRISES  MUSICALES” à destination des acteurs culturels Sénégalais sur le thème : Marketing et communication évènementielle.

Elle se déroulera pendant la période du 18 au 30 mai 2009 à la Maison de la Culture Douta Seck avec le soutien de l’Unesco, Alliance globale pour la diversité culturelle et du Ministère des Affaires Étrangères et de la coopération Espagnole, avec le partenariat du Ministère Sénégalais de la Culture du Patrimoine Historique Classé, des langues Nationales et de la Francophonie.

En vous souhaitant une excellente réception de notre message, nous vous prions de recevoir, Mesdames, Messieurs, nos meilleures salutations.

Daba

Mme Rokhaya Daba Sarr
AFRICA  FETE
Tringa Musiques Et développement
6526 Liberté 6 - Appartement 2
BP 22161 Dakar - Ponty
Sénégal
Tél : 00 221 33 867 92 91
Port : 00 221 77 551 48 10
Site : www.africafete.com
Skype : dabasarr1
23 fév

“LA MAISON DE LA    PAROLE”

Vous trouverez sans doute que cet article revient, bien tardivement, sur des faits qui auraient pu être relatés bien longtemps avant. Mais vous constaterez qu’il fait aussi une ouverture pour vous donner les nouvelles plus récentes de « La Maison de la Parole, et par ricochet, celles du Festival YELEEN.

En effet, la 12e édition du festival YELEEN a eu lieu à cheval entre le mois de décembre 2008 et celui de Janvier 2009 (17 décembre 2008 et 03 Janvier 2009).

Pour les premiers jours du festival, certaines écoles que nous avons contactées, nous ont accueillis dans leur sein les 17, 18 et 19 Décembre 2008 simultanément à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Les conteurs invités et les conteurs des Associations ‘’A l’Ecole des Ancêtres’’ (à Ouagadougou) et La Source (à Bobo-Dioulasso) ont su donner aux tous petits la joie d’écouter des histoires « belles à croquer ».

Outre ces écoles, différents lieux de spectacles ont été investis, à Ouagadougou, pour donner une autre coloration à cette rencontre où La Parole était reine. Ce sont le Carrefour International de Théâtre de Ouagadougou (CITO), le Théâtre des Enfants du Wamdé, le Théâtre le Roseau et le Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou. Le Festival YELEEN Version « 12 » venait d’atteindre sa vitesse de croisière !

Le départ de tous les festivaliers pour Bobo-Dioulasso a eu lieu le 24 décembre 2008 au matin, avec une escale dans la petite ville de Pâ (120 km de Bobo-Dioulasso sur l’axe Ouagadougou-Bobo).

Depuis quelques années maintenant, cette ville, par l’entremise de son Maire, (une dame soucieuse du devenir Culturel de sa localité) s’est affichée comme l’un des partenaires essentiels du Festival YELEEN, où le grand ensemble du festival est amené à faire escale. L’accueil des festivaliers par les populations locales a été d’une des plus remarquables : musique, danse, repas, etc. La nuit, la gare routière fut transformée en un grand espace d’expression artistique où le public a eu droit aux prestations de conteurs, de troupes de danse locales, bal populaire.

Le 25 décembre, l’arrivée à Bobo-Dioulasso a eu lieu vers la fin de l’après midi. Le festival installe son quartier général au Centre Djéliya dans le quartier Diarradougou pour ensuite se déployer sur l’ensemble de la ville.

L’ouverture officielle a eut lieu le 27 décembre dans la mythique salle du Théâtre de l’Amitié, sous le parrainage de Monsieur Soungalo OUATTARA, Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat.

Lors de cette édition « Internationalei », nombreux sont les artistes-conteurs qui venant de divers endroits du monde ont pu s’exprimer. Nous pouvons citer Jihad DARWICH, Layla DARWICH, Martine COMPAGNON, Michel CORRIGNAN, Cindy SNEESENS (France), Adama AKILI,, Mahaman GARBA (Niger), la Compagnie de Marionnettes et de Musique BOUAM, David GANDA (Togo), N’guessan AKHRO NGBIN (Côte d’Ivoire), Ousmane DIARRA (Mali), Pierre ROSAT (Suisse), OUEDRAOGO Wilfried, OUEDROAGO Rasmata Rachel, BONKOUNGOU Tatiana, NANA Emile Didier, BAGUIAN Alassane, Alexis YAMEOGO, TRAORE Arouna, BIRBA Abdoulaye Junior, DÂ Sévérin, SOMBIE Bintou, BAMOGO Joseph (BURKINA FASO).

Outre ces prestations scéniques, des ateliers-conte ont été animés par Toumani KOUYATE, Pierre ROSAT, Françoise DIEP et Ludovic SOULIMAN, Suzy PLATIEL ; atelier bogolan par Amadou  KOUYATE; atelier-percussion par Amadou TRAORE ; atelier-danse par Bassita TRAORE ; atelier-conte pour enfants par NGONN Alram NGuébnan.

Les innovations majeures de cette édition, et qui feront désormais partie de nos activités, ont été le Salon International de la littérature Orale et du Livre de la Jeunesse et le Colloque International sur la Littérature Orale.

Rendez-vous en décembre 2009 pour une édition nationale avec les conteurs de notre pays que le Festival YELEEN a permis à certains de trouver un terrain idéal de formation lors de ces nombreuses éditions.

Mais avant ce rendez-vous, je suis à Alexandrie en EGYPTE à l’Université SENGHOR (28 Janvier-27 Mars 2009) pour une Formation en « Montage et développement de projets culturels ».

Le grand rendez- vous que je vous donne à tous c’est celui de “sur les routes du Conte et des arts de l’Oralité”.

Boukary TARNAGDA

NB: Depuis quelques années, le festival est International les années paires et National les années impaires. L’International concerne les conteurs du Monde entier et le National est une édition réservée à valoriser les conteurs nationaux.

05 fév

D’Alexandrie en Égypte, je vous partage un texte d’un de nos professeurs, Alioune BADIANE

Amicalement

YARA

LEOPOLD SEDAR SENGHOR ET LA QUÊTE D’UN  ART AFRICAIN DE SON TEMPS

Le Poète - Président Léopold Sédar SENGHOR aimait les arts de toutes les disciplines. Du théâtre à la danse, au ballet, à la musique, au chant ; De la sculpture à la peinture, à la tapisserie, à l’architecture.

Sans doute, trouvait - il dans la proximité physique ou imaginaire des œuvres de l’esprit, et partant dans le respect voué aux artistes de tous horizons, les sources d’une cohérence identitaire apte à lui restituer les repères fondamentaux de son action quotidienne. Ceux qui ont eu le privilège de sa proximité disent tous avoir été frappés par sa propension à enseigner par l’exemple, les vertus cardinales dont il était pétri. Sa ponctualité est légendaire ; Par attachement au travail bien fait, il avait crée à la Présidence de la République le « Bureau Organisation et Méthode » devenu aujourd’hui la « Délégation au Management public ». C’était simplement l’attitude d’un homme de culture véritable. En effet, sa sensibilité de poète lui offrait l’avantage de savoir se laisser agir par les forces vitales qui faisaient de chaque œuvre de création artistique ou littéraire, un relais d’essentialisation des « idées - sentiments »[1], au sein du processus ontologique unissant « Dieu au grain de sable ». Et SENGHOR de chercher d’abord les illustrations de cette vision du monde dans les valeurs négro - africaines qu’il allait implanter bien au centre d’une triade : Eriger la création culturelle d’abord en argumentaire contre l’aliénation, puis en outil de gestion politique libératoire d’une nation en devenir et enfin en épicentre du dialogue des civilisations.

SENGHOR à la rencontre de l’art négro - africain.

Depuis son royaume d’enfance, le poète avait repéré l’énergie, la foi, l’orgueil voire le sentiment d’amour, que pouvaient exalter les créations artistiques assorties des  techniques artisanales :

le chant gymnique chez le lutteur ; le rythme sonore chez le danseur et les vibrations corporelles chez le musicien instrumentiste ; la verve du griot généalogiste auprès du chef ou du guerrier ; la mélopée du paysan, de l’éleveur ou de l’artisan sur l’accomplissement de son propre travail. N’oublions pas que la tradition orale veille sur le lien établi par le mythe fondateur, entre la force vitale primordiale et la création des formes. Dès lors, s’éclaire toute la place que « l’ex - pression de la force vitale »[2] prend dans le sentiment de libération de l’individu et surtout dans les instants d’épanouissement de la collectivité. C’est pourquoi, l’artiste négro - africain est perçu d’abord comme le gardien d’une métaphysique, pour un large partage de la moindre vibration divine, au nom à la fois du mythe et de l’efficacité. Mieux, cette cosmogonie garante de la force vitale, fait que les activités génériques de l’Homme ne peuvent être dissociées. Elles partagent la même sève nourricière. Si bien que pratiques et pratiquants se trouvent engagés dans une interdisciplinarité qui garantit la fonctionnalité de leur rôle dans la cohésion sociale. De la parole sacralisée, le Verbe devient poésie, puis chant donc musique génératrice de danse elle - même sculpture dynamique. La sculpture, par le rythme de ses pleins et de ses vides, se pose en séquence chorégraphique. La danse, par le conte ou la fable, introduit le jeu théâtral ; Lorsqu’elle est de réjouissance, la lumière se pare de couleurs essentielles, à travers enduits, onguents, parures et vêtures.

« La littérature et l’art ne se séparent donc pas des activités génériques de l’homme, singulièrement des techniques artisanales. Ils en sont l’expression la plus efficace. Que l’on se rappelle, dans L’Enfant noir, le père de Laye forgeant un bijou d’or. La prière, plutôt le poème qu’il récite, l’éloge que chante le griot tandis qu’il travaille l’or, la danse du forgeron à la fin de l’opération, c’est tout cela - poème, chant, danse - qui, au - delà des gestes de l’artisan, accomplit l’œuvre et en fait un chef - d’œuvre. »[3]

En fait, l’artiste négro - africain également sait jouer son rôle de guetteur d’émotion, comme dans toutes les autres cultures du monde. SENGHOR le reconnaît et le revendique : « Chaque peuple réunit, en son visage, les divers traits de la condition humaine. Mais j’affirme que ces traits, on ne les trouve nulle part réunis dans cet équilibre et sous cet éclairage, nulle part le rythme n’a régné aussi despotiquement. La nature a bien fait les choses, qui a voulu que chaque peuple, chaque race, chaque continent cultivât, avec une dilection particulière, certaines vertus de l’homme ; en quoi réside précisément son originalité. »[4] Ainsi, dans une démarche de retour mieux, de «recours aux sources», SENGHOR a cherché à décrypter les fondements des pratiques artistiques et artisanales, autant que de leurs articulations. De même, avec pédagogie, il en a énoncé les caractéristiques formelles, pour les poser comme orientations stylistiques de «l’Ecole de Dakar».

De la détection des jeunes talents au mécénat d’Etat.

La démarche initiatique « d’enracinement » et « d’ouverture » effectuée par le poète SENGHOR ne pouvaient rester une parenthèse dans son parcours personnel d’Intellectuel, encore moins dans son action politique. Déjà en 1948, le Député qu’il était au Parlement français, allait s’intéresser à la détection de jeunes talents appelés à poser avec lui, les jalons de la future « Ecole de Dakar ». Bénéficiant d’un séjour en France, de 1949 à 1959, le peintre Iba NDIAYE, fréquente tour à tour l’Ecole régionale des Beaux - Arts de Montpellier,  l’Ecole nationale supérieure des Beaux - Arts et l’Académie de la Grande Chaumière de Paris. De 1954 à 1960, Papa Ibra TALL, sur une recommandation du Commandant Sankalé, adressée au Député SENGHOR, fréquente l’Ecole nationale supérieure des Beaux - Arts et l’Ecole spéciale d’Architecture de Paris. Et Alpha Walid DIALLO, à son tour, de témoigner: «C’est en 1958 que j’ai réellement compris l’importance de l’art en général, de la peinture en particulier, au contact d’un homme extraordinaire, le Président Léopold Sédar SENGHOR, alors député - maire de Thiès, et à qui j’avais été présenté par Djiby DIAW, à l’époque avocat et homme politique.» Chez Pierre LODS, fondateur et animateur de l’Ecole de Poto - Poto de Brazzaville, les contacts avec SENGHOR seront surtout favorisés par le Deuxième congrès des écrivains et artistes noirs de Rome en mars 1959. En 1961, il sera appelé à Dakar en coopérant, aux côtés de Papa Ibra TALL, alors fondateur de la section de recherche plastique nègre de l’Ecole des Arts. D’autres jeunes talents, dans d’autres domaines artistiques, vont bénéficier du même regard et être appuyés en conséquence, pour subir la même attente : contribuer au projet culturel senghorien. Des noms seront plus tard familiers aux générations suivantes : Maurice Sonar SENGHOR, Douta SECK, André SECK, Daniel SORANO, Blaise SENGHOR etc. Enfin, dès son accession, en septembre 1960, à la magistrature suprême de notre pays, le Poète - Président va s’atteler, en toute cohérence, à baliser et éclairer la position centrale de la Culture et donc de l’art, dans la construction d’une identité nationale et négro - africaine. Auparavant, il aura donné l’exemple en composant les paroles de l’hymne national qui commence par appeler les arts à l’exaltation du sentiment national : « Pincez tous vos koras, frappez les Balafons, le Lion rouge a rugi !». Il s’en est expliqué. « Sur un plan plus général, il s’agit, toujours, de créer un art nouveau pour une nation nouvelle »[5].

Ainsi, le nouvel Etat du Sénégal se devait d’être demandeur d’œuvres de l’esprit, c’est - à - dire, de créations artistiques et littéraires, supports des repères culturels à élaborer selon le principe de « l’Enracinement » et de « l’Ouverture ». Les symboles de la République matérialisés, les artistes et les écrivains, étaient invités à revisiter l’histoire et la géographie, afin de permettre aux populations de puiser dans leurs œuvres mobilisatrices, les forces nécessaires au Développement économique et social de la Nation. « Ce sont nos poètes, nos conteurs et romanciers, nos chanteurs et danseurs, nos peintres et sculpteurs, nos musiciens. Qu’ils peignent de violentes abstractions mystiques ou la noble élégance des cours d’amour, qu’ils sculptent le Lion national ou des monstres inouïs, qu’ils dansent le Plan de développement ou chantent la diversification des cultures, les artistes négro - africains, les artistes sénégalais d’aujourd’hui nous aident à vivre aujourd’hui, plus et mieux. »[6]

D’où le choix du mécénat d’Etat, formulé à travers le principe selon lequel, le Président de la République est le Premier Protecteur des Arts et des Lettres. Ce principe figure dans la Constitution sénégalaise.[7]

SENGHOR, fondateur de « l’Ecole de Dakar ».

A travers une politique culturelle ambitieuse et menée avec une détermination admirable, le Poète - Président, entreprend la création d’une « Ecole de Dakar », au sens du dictionnaire des Arts de BORDAS : « Ensemble des disciples d’un maître, ou un groupe d’artistes se rattachant à une même tendance. Au sens large : ensemble des artistes d’une ville, d’une région ou d’un pays (Ecole d’Avignon, Ecole de New - York… » On pourrait ajouter à la liste, les Ecoles de Pont - Aven, de Paris, de Fontainebleau, ou de Nice. Car, en définitive, il s’agit d’un foyer ardent de création, dont le dénominateur commun, était d’ordre géographique, philosophique, esthétique ou technique, sans  nullement signifier absence de diversité, de recherche, de créativité. Bien au contraire. Dans le cas de « l’Ecole de Dakar », l’expression des créateurs avait certes, ses repères idéologiques. Mais l’étendue des combinaisons possibles et des interprétations imaginables, était laissée à la discrétion de leur génie propre. Mieux, la formation et l’éducation artistiques institutionnelles, à la recherche perpétuelle de leurs performances, n’ont jamais exclu ni les atouts ni le charme de l’expérience empirique. Ainsi, « l’Ecole de Dakar », d’abord consacrée aux arts visuels (peinture, tapisserie, sculpture, architecture), a été orientée vers les arts vivants (musique, danse et théâtre), selon trois préoccupations majeures qui expliquent la proximité du Président de la République, lorsqu’il tient à présider une commission de sélection de projet artistique (maquettes de tapisserie ou d’architecture). Ces préoccupations s’exprimaient à travers d’une part, la définition de l’orientation idéologique et en conséquence, la création des cadres d’évolution des artistes (infrastructures, formation, recherches) et d’autre part, la promotion des œuvres réalisées (organisation de manifestations et appuis financiers et techniques). La promotion pouvait concerner des hôtes de marque en visite dans notre pays, autant que des publics étrangers, avec l’organisation de nombreuses manifestations culturelles du Sénégal, à l’occasion ou non des visites officielles du Chef de l’Etat. Le même souci a sous - tendu l’idée d’une Saison touristique de Dakar. « Or donc, nous avons formé le projet d’organiser, chaque année, à partir de 1973 et pendant le premier trimestre, une Saison de Dakar, où les arts plastiques occuperaient une place de choix avec, comme hôte d’honneur, au Musée Dynamique, un artiste de qualité internationale. Nous expérimentons, cette année, une proto - saison avec Pablo Picasso »[8]. Intuition anticipatrice de la Biennale DAK’ART 92 consacrée aux arts?

Quant à l’orientation idéologique de « l’Ecole de Dakar », mue par la défense et l’illustration de l’idéologie de la Négritude, elle devait reposer en priorité sur les lois de la culture négro - africaine. SENGHOR avait déjà pris le soin d’en dresser la typologie, par une définition minutieuse de l’image, du rythme, du Parallélisme asymétrique et de la palette négro - africaine.

L’image, analysée à partir  des langues négro - africaines, n’est pas une image équation, mais plutôt une image analogique, symbolique. L’objet nommé ne signifie pas ce qu’il représente, mais ce qu’il suggère, ce qu’il crée. « Les mots sont enceintes d’images »[9]. Transposé dans le visuel, la représentation est affranchie de la description de la nature. Elle est plutôt celle qui libère le regard et l’imagination de l’Autre, dans un contexte initiatique où les lectures sont forcément étagées. Ainsi, sculpteurs, peintres, artisans et architectes accèdent à la surréalité voire à la sous - réalité des éléments représentés.

Et la division de l’espace visuel, avec le dévoilement de sa géométrie cachée, conduit aisément à l’abstraction, c’est - à - dire quant la forme et la couleur sont présentes pour elles - mêmes. Par exemple, deux simples ouvertures sur un morceau de bois, qu’elles soient circulaires sur un masque Dan, rectangulaires sur un Dogon, voire en amande sur un Fang ou un Batéké, signifient et expriment selon les circonstances costumées, le regard qui salue avec déférence, celui qui annonce la bonne nouvelle, celui qui prévient et rappelle à l’ordre ou bien celui qui rassure et qui console.

Le rythme, un attribut de la composition, est une formule dynamique de répétition, dont la force est capable de conduire le danseur et le musicien au paroxysme de la transe. C’est parce que « le rythme est l’architecture de l’être, le dynamisme interne qui lui donne forme, le système d’ondes qu’il émet à l’adresse des Autres… C’est le verbe de Dieu, c’est - à - dire la parole rythmée qui créa le monde »[10]. Le parallélisme asymétrique, perceptible dans la plupart des formes d’expression, est une configuration particulière du rythme : « une image ou un ensemble d’images analogiques mélodieuses et rythmées par une répétition qui ne se répète pas. »[11]

La palette négro - africaine quant à elle, renvoie à la gamme des Ocres rouges et jaunes, complétée par le Blanc nacré et le Noir de carbone ; ce dernier se transmuant parfois en Bleu indigo concentré. En réalité, au - delà de leur appartenance à l’environnement minéral et végétal du Négro - africain, SENGHOR a perçu, la puissance d’intégration de ces couleurs de base. En effet, lorsqu’elles sont posées l’une en présence des autres, surtout assorties des deux couleurs neutres que sont le Blanc et le Noir, elles restituent en une harmonie particulière, les trois couleurs fondamentales de la gamme chromatique telle qu’elle est révélée par la diffraction de la lumière. L’arc - en - ciel en est un merveilleux exemple ! Mieux, ces couleurs de la palette négro - africaine accèdent à la plénitude de leur expression, lorsqu’elles sont posées en aplat, sans effet d’ombre ni de saturation.

Enfin, il s’y ajoute des niveaux de correspondances,  pour mieux les compléter, avec les configurations harmoniques en architecture, en poésie, en musique, en danse. Cela veut dire que les innovations attendues de « l’Ecole de Dakar » concernaient aussi, la musique, la danse, et le théâtre. Ainsi, SENGHOR fera de ces caractéristiques des illustrations de l’esprit de la civilisation négro - africaine, ainsi que des repères à mettre à la disposition de tout créateur soucieux d’un « Enracinement » dans les valeurs de cultures négro - africaines, avant toute « Ouverture » aux apports fécondants des autres cultures. Ce sera là notre contribution à la civilisation de l’Universel. « L’esprit de la civilisation négro - africaine anime, consciemment ou non, les meilleurs des artistes et des écrivains nègres d’aujourd’hui, qu’ils soient d’Afrique ou d’Amérique. Dans la mesure où ils en ont conscience et s’inspirent de la culture négro - africaine, ils se haussent au rang international ; dans la mesure où ils tournent le dos à l’Afrique - mère, ils dégénèrent et s’affadissent… Cela ne veut pas dire que les artistes et écrivains nègres d’aujourd’hui doivent tourner le dos au réel et refuser de traduire la réalité sociale de leur milieu : de leur race, de leur nation, de leur classe ; tout au contraire. Nous avons vu que l’esprit de la civilisation s’incarnait dans la réalité la plus quotidienne. Mais toujours, il la transcende pour exprimer le sens du monde. »[12]

Mieux encore, la conviction de SENGHOR par rapport à l’originalité de l’expression cultuelle négro - africaine recevait un argument de taille avec la révolution cubiste du début du 20ème Siècle. En effet, en 1906, Pablo Picasso provoque la rupture avec tout l’héritage de la Renaissance, pour aboutir au Cubisme. Ayant découvert les principes de la représentation portés par les masques nègres trouvés dans les cabinets de curiosité parisiens, il opéra des changements en pleine réalisation de la toile LES DEMOISELLES D’AVIGNON, pour jeter les bases d’une démarche artistique novatrice, fruit de ses propres audaces. Il marquera tout l’art moderne du 20ème Siècle. Avec le Cubisme, la forme est libérée des canons classiques et selon la grande leçon des masques : l’expression de l’émotion par le rythme, est bien dissociable des apparences naturelles. De même, la couleur est libérée du dessin, sans rien renier des réalités de la forme. C’est sans doute là que se fonde le véritable intérêt que le Poète - Président portait aux artistes modernes du début du 20ème Siècle. Il fera exposer leurs œuvres au Musée Dynamique ou au Centre culturel français de Dakar.

De Pablo Picasso à Pierre Soulage ; d’Alfred Manessier, à Maria Elena Vieira Da Silva ; De Friedrich Hundertwasser à André Masson et à Marc Chagall. Après avoir fait exposer « Dix Ans d’art au Sénégal » en  1970 à Stockholm, SENGHOR prend comme prétexte, l’exposition de Picasso de 1972, assortie d’un colloque, pour expliciter sa démarche de création de « l’Ecole de Dakar ». Il se pose la question pour mieux y répondre : « Mais pourquoi Picasso ? Essentiellement parce que pour la jeune ECOLE DE DAKAR, Pablo Picasso est un modèle exemplaire. Toujours enraciné dans son ethnie - je ne parle pas de « race » - il en a assumé, avec la condition humaine, tout l’héritage culturel : méditerranéen, espagnol, mais d’abord andalou. Il y a, surtout, qu’ainsi enraciné malgré l’éloignement de la terre natale, métissé profondément comme tous les méditerranéens, il a fait, de toutes ses richesses complémentaires, une puissance, rarement égalée, de CREATION. Et l’on sait que les valeurs de la Négritude, comme il me l’a dit, jadis, n’y furent pas étrangères »[13].

Quant aux cadres d’évolution des artistes, il y’a lieu de se référer simplement à deux initiatives politiques historiques : D’abord, l’organisation à Dakar, du Premier Festival mondial des Arts nègres, en Avril 1966. Ensuite, la création, en juin de la même année, d’un ministère des Affaires culturelles chargé de développer les Arts et les Lettres, tout en veillant à la sauvegarde du Patrimoine culturel national dans toutes ses dimensions matérielles et immatérielles. SENGHOR rêve également d’ériger à Dakar un musée des civilisations noirs, une cité des arts, une Maison de la Culture, une Bibliothèque nationale et de véritables complexes culturels régionaux[14]. En attendant, l’éducation artistique plastique et musicale est présente dans le système éducatif sénégalais, de la maternelle au cours secondaire. Des artistes et des enseignants de tous âges, formés aux diverses techniques d’expression, expérimentent leurs idées dans des espaces mis gracieusement à leur disposition, pour se produire régulièrement à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. L’appui technique, juridique et financier de l’Etat, parfois en vertu de ses propres initiatives culturelles, permet aux créateurs d’accéder à de grandes manifestations au Sénégal même et à l’étranger. Les artistes sénégalais, qu’ils appartiennent aux arts vivants ou aux arts visuels, dialoguant ainsi avec le monde, participent déjà à l’élaboration de la civilisation de l’Universel. Tantôt c’est les spectacles du Théâtre national Daniel SORANO à travers les prestations de l’Ensemble lyrique traditionnel, de la Troupe nationale dramatique et du Ballet national « La Linguère ». Tantôt c’est l’exposition itinérante que le Commissariat aux Expositions d’Art à l’Etranger, service crée à cet effet, présente dans les espaces culturels les plus spécialisées du monde, des années durant. Les tapisseries de laine des Manufactures de Thiès, échos sahélien de celles royales des Gobelins en France, trônent dans les salles et salons des institutions internationales et des résidences privées les plus prestigieuses; Elles étaient les cadeaux préférés du chef de l’Etat à ses hôtes. A l’intérieur du pays des centres culturels régionaux polarisent l’action culturelle décentralisée, afin de permettre aux terroirs d’alimenter, en matière de Patrimoine culturel et de création artistique, les recherches alors abritées respectivement par le Centre d’Etudes des Civilisations et le Service des Archives culturelles du Sénégal. Tandis que dans la sérénité de l’Université des Mutants pour le Dialogue des Cultures, installée sur l’Île martyr de Gorée, des Intellectuels d’avant - garde, autour des professeurs Iba Der THIAM et Roger Garaudy, expérimentaient la pédagogie d’éclosion des MUTANTS, futures sentinelles de la civilisation de l’Universel. Le Centre africain pour le Perfectionnement et la Recherche des Interprètes du Spectacle, l’Ecole de danse « Mudra - Afrique », sous la direction de Germaine ACOGNY et avec l’appui de Doudou NDIAYE Rose, met en gestation des symbioses majeures inédites. Son fondateur était Maurice Béjart, le Picasso de la Chorégraphie moderne, mais aussi fils du philosophe d’origine sénégalaise Gaston Berger le père de la Prospective. Le dispositif institutionnel que voilà, installé en conformité avec les préoccupations et la vision du Président SENGHOR, était également un outil diplomatique efficace, parce que mis au service de la coopération culturelle internationale. Par le biais de la Collection artistique privée de l’Etat, dont une partie alimentait les expositions itinérantes, les Palais nationaux, les bureaux de la haute Administration, dont les Ambassades, abritaient les œuvres des artistes sénégalais. Elles aussi, accompagnaient la diplomatie dans sa mission d’entretien du dialogue avec le monde. La radiodiffusion nationale et le Quotidien LE SOLEIL, rendaient compte de tout cela. Ce dernier éditait son supplément Arts et Lettres. SENGHOR n’a pas manqué de créer, au passage, la Fondation Léopold Sédar SENGHOR, pour lui assigner le même rôle de mécénat que les institutions, pour toujours scruter, organiser et amplifier la contribution de la création artistique, scientifique et technique négro - africaine à la civilisation de l’Universel. La revue ETHIOPIQUES rend compte des activités scientifiques de la Fondation.

Ainsi, les idées - sentiments du Poète - Président auront traversé le 20ème Siècle, en se destinant tour à tour au peuple négro - africain et aux autres peuples du monde. Au premier il exhortera à une meilleure connaissance, donc à une valorisation de ses lois culturelles originales, pour une émancipation véritable, mais surtout pour une recréation des valeurs de culture. Aux seconds, il demandera l’acceptation et le respect du principe de la diversité fécondante. L’élaboration de la civilisation de l’Universel est à ce prix. En outre, ayant bénéficié de l’opportunité exceptionnelle d’être élu Président de la République, SENGHOR s’imposera le devoir, devant l’histoire, de transformer sa vision en politique culturelle déclinée en programmes hardis et actions vigoureuses qu’il tenait à suivre personnellement. En effet, l’art et l’artiste - il parlerait de la poésie et du poète - devaient rester les fers de lance du dispositif assorti de projets, devant présider à l’appropriation de pareil destin du monde noir. Ce devoir de veille que s’est imposé le Poète - Président, pour l’exemple, est resté intact jusqu’après son départ volontaire du Pouvoir. En effet, il a continué à suivre l’évolution des artistes. Tant qu’il le pouvait, il assistait en simple citoyen à des vernissages d’exposition artistique et à d’autres manifestations culturelles, auxquels il avait été convié. Devant quelque visiteur discret, il lui arrivait de s’enquérir de l’état d’avancement de telle réforme artistique souhaitée et entamée par lui, du temps de ses charges présidentielles. A chaque fois, il ne manquait d’exprimer sa disponibilité de poète, pour que fleurisse le dialogue des cultures avec sa condition sine qua non, la créativité. Message ultime de Sédar - Le - Lion!


SENGHOR, Léopold Sédar - « L’esprit de la civilisation ou les lois de la culture négro - africaine », Premiers jalons pour une politique de la culture , (Présence Africaine, Paris 1968, pp 11 à 25).

[2] SENGHOR, Léopold Sédar, Id

[3] SENGHOR, Léopold Sédar, Id

[4] SENGHOR, Léopold Sédar, Id

[5] SENGHOR, Léopold Sédar, - « Pour une tapisserie sénégalaise ». Discours inaugural de la Manufacture nationale de Tapisserie, le 4 décembre                                                1966. LIBERTE 3, Négritude et Civilisation de l’Universel. (Le Seuil, Paris 1977, p 102).

[6] SENGHOR, Léopold Sédar, - « Fonction et signification du premier Festival mondial des Arts nègres », in LIBERTE 3, (p 58).

[7] Loi 2001.03 du 22 janvier 2001 portant Constitution, article 42 § 1er. Cf. Journal officiel de la République du Sénégal, numéro spécial 5963 du                                                lundi 22 janvier 2001.

[8] SENGHOR, Léopold Sédar - « Picasso en Nigritie » in LIBERTE 3, (p 323).

[9] SENGHOR, Léopold Sédar - « L’esprit de la civilisation ou les lois de la culture négro - africaine.

[10] SENGHOR, Léopold Sédar, Id

[11] SENGHOR, Léopold Sédar, Id

[12] SENGHOR, Léopold Sédar -  « Fonction et signification du premier Festival mondial des Arts nègres » in LIBERTE 3, (53).

[13] SENGHOR, Léopold Sédar - « Picasso en Nigritie » in LIBERTE 3, (p 323).

[14] Cf. le Vème Plan de Développement Economique et social (1977 - 1981), in « Sénégal d’aujourd’hui », N°14 « La Politique culturelle du Sénégal » (une publication du ministère de l’inforlation et des Télécommunications chargé des relations avec les Assemblées).

22 jan

Du 30 Mai au 05 Juin est prévue le Festival KAAY FECC et le Battle National Danse Hip Hop organisé tous les deux ans par l’association du même nom “KAAY FECC” Dakar Sénégal

Pour de plus amples informations sur cette activité et celles de l’association en général, merci de faire un tour sur le site:

http://www.kaayfecc.com/spip.php?breve19

kaayfecc@gmail.com

Papa M. DIAKHATE, KAAY FEC

05 jan

Il me plait de présenter à chacun et à tous une bonne et heureuse année 2009.

Je nourris l’espoir que l’année nouvelle nous permettra d’aller loin ensemble culturellement parlant, qu’elle nous verra réussir nos projets.

Santé de fer aux sénégalais, nigériens, maliens, burkinabè, togolais, belges…

Plein succès à nos initiatives culturelles

Vive la culture

vive le Blog Planstra

YARA

18 déc

Les acteurs des filières artistiques se concertent

Le ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication à travers la Direction générale des arts, a organisé mardi 16 décembre 2008 à Ouagadougou, une rencontre d’échange avec les artistes en vue de gagner ensemble le pari des arts.

Une des missions de la Direction générale des arts est de créer les conditions optimales pour le développement des filières artistiques au Burkina Faso. C’est pour réussir cette mission que Mme Ilboudo née Ouédraogo Olga, directrice générale des arts a bien voulu mettre en exergue la concertation avec tous les acteurs des filières artistiques dans l’objectif
Le présidium de la rencontre d’échange. Au milieu, Souleymane Ouédraogo, sécrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication.

d’aboutir à des résultats probants. La rencontre a été présidée par le secrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Souleymane Ouédraogo. Elle a effectivement connu la présence d’artistes, de producteurs, de managers, de diffuseurs, de communicateurs et de partenaires des filières artistiques.
Il s’est agi pour les responsables en charge de la promotion culturelle, de recueillir les principales préoccupations des acteurs en matière de développement artistique. Ces préoccupations, a-t-on noté à travers les échanges, reposent essentiellement sur la mise en place d’un statut de l’artiste, le financement des œuvres artistiques, la promotion et la diffusion de ces œuvres. Une synthèse d’un appel à contributions lancé par la Direction générale des arts a été portée à la connaissance des participants car, sur la cinquantaine d’appels à contributions, la Direction générale des arts n’a enregistré que onze réponses, toutes filières confondues.
La rencontre a été une opportunité de faire connaître aux artistes les missions et attributions de la Direction générale des arts. Aussi, l’occasion a été propice pour les participants d’accorder leurs violons afin d’agir avec plus de cohérence, d’efficacité et d’efficience.
Avant de clore la rencontre, Souleymane Ouédraogo a rassuré les artistes de la disponibilité du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication à les accompagner. Les préoccupations émises, a-t-il poursuivi, seront prises en compte pour relever les défis de la promotion artistique au Burkina Faso.

15 déc

FORUM : « LA CULTURE, LEVIER DU DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE »

L’Unesco et le Rapec (Réseau africain des promoteurs et entrepreneurs culturels) organisent une rencontre débat sur « Culture, économie, intégration régionale - La culture, levier de développement en Afrique » qui aura lieu le 16 décembre prochain à la maison de l’Unesco, à Paris 7ème.

À la suite des conclusions de la Commission mondiale de la culture et du développement (1995), de la Conférence intergouvernementale de Stockholm sur les politiques culturelles pour le développement (1998) et du Sommet mondial pour le développement durable (Johannesburg, 2002), entre autres, il serait aujourd’hui bien difficile de nier le rôle de la culture dans la construction du développement durable conçu comme une amélioration de la qualité de vie pour l’ensemble des générations actuelles et futures.

Cette vision du lien profond entre culture et développement sous-tend des textes normatifs tels que la Déclaration universelle sur la diversité culturelle de l’Unesco (2001) et la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles (Unesco, 2005). Elle est au cœur de la Stratégie à moyen terme de l’Unesco pour 2008-2013 qui souligne aussi la relation avec l’intégration régionale africaine. Elle a de même nourri d’importantes décisions de l’Union africaine, comme celle concernant la révision de la Charte de la renaissance culturelle Africaine, celle “sur le lien entre la culture et l’éducation”, celle relative à la proclamation de 2006 comme l’année des langues africaines et le Plan d’action sur les industries culturelles pour le développement de l’Afrique adopté par les Ministres africains de la culture (Nairobi, 2005) et ratifié par le Sommet des chefs d’État et de gouvernement africains de Khartoum (2006).

Pour faire le point sur la situation, rassembler tous les acteurs de la culture du continent et aider les acteurs politiques (gouvernements, Union Africaine, Commissions économiques régionales, agences de coopération culturelle) et les organisations non gouvernementales à dégager des perspectives opérationnelles en tenant compte de l’ensemble des ressources du continent, y compris celles issues de la diaspora, le secteur de la culture de l’Unesco et le Réseau Africain des Promoteurs et des Entrepreneurs Culturels (Rapec) organisent le forum Culture, économie, intégration régionale et la culture levier du développement en Afrique, avec une attention particulière au li en entre industries créatives et économie. Pour le Réseau Africain des Promoteurs et des Entrepreneurs Culturels (Rapec), il s’agit d’une rencontre qui sera suivie par d’autres en Afrique. Ces grands rendez-vous serviront de base de travail pour l’organisation du premier congrès panafricain des acteurs culturels, fin 2009. Ce congrès panafricain donnera lieu à des conclusions qui seront présentées à la commission de l’Union africaine. La première thématique devant débattre sur « La culture africaine en tant que ressource » doit permettre d’expliquer : En quoi la culture est-t-elle un facteur de progrès humain ? Quels sont les aspects de la culture qui peuvent aider le développement de manière indirecte et directe ? Quelles synergies entre patrimoine matériel et immatériel et industries créatives ?

Elle sera suivie par une table ronde sur « Culture africaine et économie ». Ce sera ainsi l’occasion pour les participants de statuer sur une série de questions comme : Comment faire de la culture un facteur de progrès économique ? Comment les acteurs culturels peuvent-ils vivre décemment de leurs activités, et contribuer à la sauvegarde du patrimoine africain ? Pourquoi une entreprise ou une société décide de sponsoriser un événement culturel ? Comment trouver son compte en sponsorisant un événement culturel ? Quelles sont les filières d’avenir ? Quelles sont les opportunités de développement ? Quel peut être l’apport de l’industrie culturelle dans l’économie du continent ? Quel peut être le rôle de la diaspora dans l’essor de l’industrie culturelle africaine ?

Comment professionnaliser cette industrie ? Quelles sont les formations reconnues, les manières d’accompagner des acteurs, les critères de qualité ? Quelles sont les sources de financement de cette industrie ? Comment garantir des risques inhérents à l’activité culturelle ? Cette table ronde sera suivie d’une autre sur « La culture : société civile, gouvernements : quelles synergies ? ».

Les initiateurs de cette rencontre pensent que ce sera l’opportunité de débattre sur : Du point de vue des acteurs culturels, que peuvent apporter les gouvernants à l’essor de la culture africaine ?

De la méfiance à la coopération : quels bénéfices pourront mutuellement obtenir les gouvernants et les acteurs culturels ? La culture, instrument fédérateur ou outil de domination ? Quels sont les intérêts de la démocratisation de la culture africaine, en Afrique et dans le reste du monde ? Dans l’optique des partenaires de la société civile, quel rôle l’Union Africaine et les institutions internationales peuvent-elles jouer dans l’émergence de la culture africaine ?

A cela s’ajoutent une autre séance sur « Culture africaine et média » qui donne l’opportunité de voir Quel peut être le rôle des médias dans le développement de l’industrie culturelle africaine ?

Quelle dynamique créer pour impulser la médiatisation de la culture africaine ? Quel est l’impact des nouvelles technologies (téléphone mobile, l’internet…) dans la promotion de la culture africaine ? La mondialisation aide-elle, sur le plan médiatique, la promotion de la culture africaine ? Contenus locaux, contenus mondialisés : quelle articulation ?
11 déc

C.R du dernier chat PLANSTRA 2

Le dernier chat de la formation PLANSTRA II a eu lieu le mercredi 4 novembre 2008 de 13 h à 14 h. Hormis Oumarou HACHIMOU et Aziz CISSE, tous les acteurs de la classe ont répondu à l’appel.

L’objet de ce dernier chat était centré autour de la question principale : « que faisons- nous après la fermeture des classes de PLANSTRA II ? » A cette question, toute la classe a décidé de faire du Blog (créé en août 2008 pour PLANSTRA 2), un outil d’animation et de cohésion entre camarades de promotion d’une part, et entre camarades de PLANSTRA1, PLANSTRA 2 et de CULTUR1, d’autre part. Pour favoriser ces échanges et mieux structurer les informations, PLANSTRA 2 a décidé de confier l’administration du blog à Jacob YARABATIOULA et Michel SABA qui l’ont accepté.

En ce qui concerne les contributions attendues, il a été demandé (c’est un contrat social) à chaque planstrarien de poster au moins une information et une nouvelle par mois. Après des échanges sur la nécessité de faire vivre le blog, tous les présents au chat ont pris l’engagement de respecter et de faire respecter le principe d’une nouvelle et une information par mois. Les sujets à traiter peuvent être tirés de sources diverses, l’essentiel est de parler de la culture, de nos organisations, des grands événements culturels, des opportunités, etc.…

Avec les autres promotions de la formation en ligne (Cultur et planstra), il est envisagé la création d’un réseau social virtuel.

Le chat s’est terminé par des remerciements d’usage et des engagements à contribuer à l’animation du blog.

22 nov

Institut International

de Théâtre (IIT)

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Centre Burkinabé de l’IIT

 

INVITATION

 

Le Président du Bureau Régional pour l’Afrique de l’IIT, le Prof Jean Pierre GUINGANE, vous prie de lui faire l’honneur d’assister à une démonstration (en guise d’ouverture officielle) du 3e Atelier sur le Théâtre d’intervention sociale, organisé en partenariat avec le Centre finlandais de l’IIT, au profit des artistes de dix (10) pays d’Afrique francophone.

Le mardi 25 Novembre à 18h00 dans la salle CFRAV de l’Espace Culturel Gambidi

3ème ATELIER SUR LE THEATRE D’INTERVENTION SOCIALE

DU 17 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE

 

 

Organisé par le Bureau Régional pour l’Afrique

En partenariat avec le Centre Finlandais

 

 

Nous vous invitons à venir regarder une démonstration sur le travail accompli, le 25 Novembre à 18h00.

Cet atelier se concentre sur la scénographie et la lumière.

Le travail a porté sur deux textes écrits par les stagiaires au cours de l’atelier de l’année passée, “Mourir sans voir Paris” et “La troisième du couple”.

Le scénographe finlandais Erik Salvesen et  les stagiaires provenant de dix pays francophones d’Afrique, ont mis a jour les qualités visuelles que les textes offrent et les ont adaptés dans un spectacle à l’aide d’éléments scéniques, de mouvements et de lumière.

L’atelier continuera sous la direction du chorégraphe- danseur franco-finlandais Mickaël Stoeckel.

Soyez les bienvenus à la salle de Formation en Arts Vivants de l’Espace Culturel Gambidi.

 

 

L’Espace Culturel Gambidi est situé au Côté nord du Musée National, non loin du lycée de la Jeunesse, secteur 28, quartier Dassasgho.

Tél : 50 36 59 42 / 70 25 07 32 / 76 64 99 07